Photo: Entre les lignes
« Notre IA, c’est un pont vers les médias »
17 janvier 2026 12:39
Comment aider à vérifier une info vue sur TikTok, WhatsApp ou Instagram ? Vera se veut un outil pour « créer un réflexe de vérification chez les gens », comme le résume Florian Gauthier, cofondateur de Vera. Il était l’invité d’Entre les lignes le 11 décembre dernier.
Vera fonctionne par messagerie (WhatsApp, Instagram) ou par téléphone, à partir d’un simple numéro à enregistrer dans son répertoire. L’outil s’appuie sur un collectif bénévole réuni au sein de l’ONG LaRéponse.Tech, qui rassemble journalistes, développeurs, designers et spécialistes du produit. « Vera, c’est un pont vers les médias qui vérifient l’information, pas une machine qui remplace leur travail », a insisté Florian Gauthier.
Une IA qui interroge 400 sources issues de sites de fact-checking et grands médias
Parti d’une anecdote personnelle – convaincre sa mère face aux rumeurs vaccinales –, il a dévoilé les coulisses de ce service. Lorsqu’une question lui est posée, Vera interroge en temps réel un corpus d’environ 400 sources : rédactions de fact-checking (AFP Factuel, Les Décodeurs, Les Surligneurs, etc.) et grands médias de référence, sélectionnés sur la base de standards internationaux (International Fact-Checking Network, European Fact-Checking Standards Network, Journalism Trust Initiative). Vera synthétise les informations et renvoie une réponse courte, toujours accompagnée de liens vers les articles d’origine : « Imaginez que vous faites une recherche Google, mais seulement sur une liste de médias fiables, puis que quelqu’un vous résume les résultats en citant ses sources. C’est à peu près ce que fait Vera. »

Florian Gauthier (à droite) raconte aux bénévoles d'Entre les lignes le fonctionnement et les ambitions de Vera. Photo : Entre les lignes
Vera fonctionne à partir de ChatGPT 4 mini. Mais contrairement aux autres IA génératives, elle est programmée pour dire « je n’ai pas trouvé d’information fiable ». Et quand aucune source sérieuse ne traite le sujet, elle n’invente pas une réponse. « Si on veut créer une IA de fact-checking, il faut l’autoriser à ne pas répondre ; l’absence d’information fiable, c’est déjà une information à transmettre aux gens », explique Florian Gauthier, en rappelant que les autres IA généralistes ont tendance à “halluciner” des réponses.
Valoriser le travail des journalistes sans le remplacer
Pour lui, cet outil permet de montrer concrètement comment on vérifie un contenu vu en ligne, tout en valorisant le travail des rédactions et des services de fact-checking. Utilisable avec des collégiens, lycéens, étudiants ou publics adultes, Vera peut être intégrée dans des séquences de déconstruction de rumeurs, de vidéos virales ou de théories du complot, en invitant les participants à interroger directement l’outil depuis leur téléphone.


Exemple de vérification d'information dans un chat avec Vera sur WhatsApp. Captures
Entre les lignes a d’ailleurs déjà intégré Vera dans ses conducteurs pédagogiques et le teste régulièrement dans ses ateliers afin d’en faire un support simple, accessible sur les mêmes plateformes que les publics utilisent au quotidien. Cette démarche rejoint l’intention de Florian Gauthier et des créateurs de Vera : « démocratiser le fact-checking » et « rapprocher les citoyens des médias qui vérifient l’info », en donnant à chacun et chacune le pouvoir de douter, questionner et vérifier avant de partager.
